J'ai les neurones en ébullition, voici une nouvelle chanson !La femme invisibleJe suis la fille que les regards traversent
Même en hurlant ma présence est indicible
J’ai parfois l’impression que mon miroir me déteste
Voilà mon tourment, je suis la femme invisible.
Dans le bus bondé, les gens me piétinent,
Dans les réunions on saute toujours mon nom,
Dans les soirées, c’est du doigt que m’désigne,
Et dans mon lit, y’en a qui s’endorment dans l’action.
Déjà à l’école on me piquait mes billes
La maîtresse s’étonnait que je ne sois pas nouvelle,
Les garçons préféraient chaque fois les autres filles
Et on croyait envoûtée la pierre de ma marelle.
J’me souviens de cette fois, de cette bévue,
Où j’accueillais mon frère dans mon petit studio
Il a jeté sa veste dans mes bras tendus,
Il m’avait confondu avec le porte-manteau !
Je suis la fille que les regards traversent
Même en hurlant ma présence est indicible
J’ai parfois l’impression que mon miroir me déteste
Voilà mon tourment, je suis la femme invisible.
J’aime pas le soleil quand il brille
Car le jour ne me voit pas,
Ni même la lune quand elle scintille
Car la nuit m’oublie déjà.
J’veux bien croire que mon visage ne vous revienne
Mais y’a des limites aux mémoires trouées,
Et lorsque ma mère me mate comme un alien
Je ne peux m’empêcher d’en être un peu vexée.
J’ai beau me voir et me toucher
Je sens bien que les autres me captent pas
J’en arrive presque à me d’mander
Si au fond j’existe ou pas…
Je suis la fille que les regards traversent
Même en hurlant ma présence est indicible
J’ai parfois l’impression que mon miroir me déteste
Voilà mon tourment, je suis la femme invisible.
